vendredi 25 septembre 2015

Unique en son genre, le vieux moulin à laine d’Ulverton!



On arrive dans le stationnement sans se douter de ce qui nous attend et, tout à coup, un paysage bucolique apparaît par la passerelle du pont couvert que l’on doit traverser. Au loin, j’aperçois l’imposant édifice de bois qu’est le moulin à laine d’Ulverton du Val-Saint-François.
Je prends mon temps, un pas à la fois, j’écoute l’eau qui ruisselle dans la petite cascade et qui défile doucement le long de la bâtisse à fleur d’eau. Mais où est donc la massive roue qui tourne par la force de l’eau? J’apprendrai plus tard que la turbine qui alimente le moulin est plutôt souterraine. J’admire encore un moment l’imposante structure avant ma visite guidée en compagnie de Michael, fin connaisseur de l’endroit.



La tournée commence par une vidéo explicative pendant laquelle je suis de suite charmée par un vieux sage, le mécanicien Jean-Marie Beaudoin, qui parle du moulin avec les yeux pétillants. C’est en partie grâce à ses connaissances de la machinerie qu’on a pu restaurer certains équipements de tissage qui fonctionnent encore aujourd’hui au moulin!
Unique en son genre au Canada, ce centre d’interprétation du textile fascinera autant les adultes que les enfants. On est bien loin des aiguilles à tricoter de ma maman… Michael m’explique toutes les étapes de cette tradition qui se perd, du nettoyage à la main au cardage et du filage aux tricotins qui créaient 40 paires de bas par semaine.
Les machines d’époque sur lesquelles travaillent encore aujourd’hui les mécaniciens spécialisés sont impressionnantes et pour le moins imposantes. Je constate rapidement dans quelles conditions on travaillait au moulin à l’époque, toujours aux aguets pour ne pas recevoir de bobine volante par la tête ou pour ne pas se coincer un doigt entre les immenses rouleaux de cardage, tout cela pour quelques maigres dollars en comparaison avec l’effort à fournir.
Voici quelques images pour vous donner une idée du contexte :




Je m’imagine les paysans venant porter leur laine pour que leurs femmes puissent ensuite la tisser et la tricoter pour en faire des vêtements et des couvertures essentiels à leur survie. Le moulin était jusque dans les années 40 un haut lieu de culture populaire et je suis bien heureuse qu’il ait été sauvé de l’abandon dans les années 80. À la fin de la visite, j’en profite pour faire un saut à la boutique. Je vois les produits finis d’un tout autre œil maintenant que je réalise l’ampleur des travaux pour en arriver à leur création!

Si vous êtes de passage en octobre, ne ratez pas le Festilaine du 10 et 11 qui viendra clore la saison en grande pompe. D’ici là, de nombreux ateliers sont offerts pour les enfants en plus des visites pour tous et vous pouvez aussi rester sur les lieux plusieurs heures en découvrant les cinq kilomètres de sentiers environnants. Les dimanches matins, on peut même bruncher au moulin, une belle activité combinée à la visite éducative pour toute la famille. Bonne escapade! Jennifer Doré Dallas www.moimessouliers.org

mercredi 23 septembre 2015

Le patrimoine bâti à son meilleur!

Ce matin, c’est dans la MRC Des Sources que je m’éveille lentement au son des oiseaux qui jacassent à l’extérieur de ma fenêtre. J’ai dormi au cœur d’un territoire jadis cultivé par les Britanniques, les Irlandais et les Écossais jusqu’à la découverte de l’amiante dans ses souterrains. Après un repas des plus délicieux et une nuitée paisible, c’est l’heure du déjeuner gastronomique à l’Auberge-Restaurant La Mara de Ham-Sud où commencera mon dernier jour d’exploration du Chemin des Cantons.
En sillonnant les champs et les vallons de la région, je quitte lentement le village, m’arrêtant pour croquer de nombreux clichés de ces strates vertes et jaunâtres à l’infini. Cette envie de tout photographier s’intensifie lorsque je pénètre une heure plus tard à Danville, où les maisons ancestrales sont à couper le souffle.

Toutes de couleurs différentes et des styles éclatés pêle-mêle, elles n’en finissent pas de m’épater. J’apprendrai plus tard qu’on en recense 66 classées d’intérêt patrimonial, historique ou culturel. Je comprends maintenant pourquoi on considère Danville comme l’un des plus beaux villages du Québec!

Au centre d’information touristique, je me procure le dépliant qui me servira de guide pour l’exploration du patrimoine de Danville. En fait, trois circuits existent : le rouge qui retrace le développement industriel local, le vert qui nous plonge dans les racines architecturales victoriennes et de Nouvelle-Angleterre et, finalement, le jaune qui relie le haut et le bas de Danville par sa rue principale.
N’arrivant pas à choisir, j’arpente les trois de façon quelque peu aléatoire, me laissant porter d’un endroit à l’autre et le trouvant ensuite dans le guide pour quelques explications. Mon amour des lucarnes est alimenté à Danville, car les maisons ont toutes des pignons originaux, parfois même dentelés, et dans des couleurs éclatantes. Certaines ont de petits balcons encastrés appelés loggia se situant directement sous le pignon, au dernier étage de la maison, et d’autres ont des vérandas dans un bois travaillé avec tant de détail qu’elles impressionnent encore de nos jours, surtout que certains propriétaires ont pris le temps de les peinturer de manière à mettre en valeur le savoir-faire de leurs créateurs.



J’apprends que les maisons préfabriquées existaient aussi à la fin du 19e siècle : on pouvait les commander dans un catalogue et les gigantesques pièces arrivaient par la voie ferrée. Ça devait être tout un casse-tête de les assembler!
Une pensée me revient sans cesse en tête : les propriétaires de ces maisons méritent une fière chandelle pour les avoir gardées plus de 150 ans intactes, à l’abri des intempéries et des ravages du temps. Nous aurions tout à apprendre de ces architectes, car les maisons modernes ne perdureront jamais autant.
Après un petit café siroté doucement sur la rue principale, je quitte à contrecœur Danville avec l’impression de n’avoir exploré que la pointe de l’iceberg. Je me promets d’y revenir lorsque la température sera plus clémente à mon égard afin de pouvoir explorer le village à pied et peut-être même dormir dans l’une des maisons ancestrales maintenant devenues gîtes du passant…
Bonne découverte!
Jennifer Doré Dallas
www.moimessouliers.org

lundi 21 septembre 2015

Une incursion dans l’histoire des Cantons-de-l’Est!

Il va s’en dire qu’une excursion sur le Chemin des Cantons nous mène au cœur de l’histoire à chaque virage, mais un passage à Eaton-Corner est un incontournable pour tout amateur du patrimoine québécois.
J’ai pris le chemin vers le Musée Eaton Corner sans trop savoir à quoi m’attendre. Un musée, c’est un musée, non? Eh bien, à Cookshire-Eaton, il n’y a rien d’ordinaire! Je me stationne devant une vieille église et je doute de mon GPS un instant, mais je suis pourtant au bon endroit : le musée Eaton-Corner est situé dans une église congrégationaliste datant de 1841. On y retrouve même encore les bancs au centre des panneaux d’exposition. À leurs pieds se trouvent des douzaines d’artéfacts sur l’histoire des premiers colons de la région du Haut-Saint-François arrivés à la fin du 17e siècle.

Marc Nault, guide bénévole et homme à tout faire de l’endroit, m’attend pour me raconter les petits secrets de l’établissement qui fait la fierté du plus vieux village des Cantons-de-l’Est. Je ne le savais pas, mais Eaton-Corner fut à un moment le centre névralgique et commerçant des cantons puisque le chemin menant de Québec à Boston y passait. Marc n’omet pas de m’expliquer que le musée et la collection sont entretenus par des bénévoles. Il transmet vite sa passion pour son canton, les yeux pétillants, une anecdote à la fois, par exemple que toutes les maisons d’Eaton-Corner datent des années 1840 à l’exception de trois. Elles ont été savamment entretenues, car on n’y croirait pas!
Nous traversons ensuite de l’autre côté de la rue, dans l’ancienne Académie Eaton, qui est aujourd’hui le centre administratif et l’entrepôt du musée, là où environ 5000 artéfacts et objets d’époque sont conservés. Rien n’a été acheté, le musée peut se permettre de varier ses expositions grâce aux dons des habitants de la région qui souhaitent voir le patrimoine local demeurer intact.



En y mettant les pieds, j’ai tout de suite l’impression de revenir dans le temps entre les outils de l’institutrice, les objets ayant appartenu aux agriculteurs et toutes les autres pièces « vintage » qui ornent les murs, tablettes, planchers et plafonds de ce trésor historique! On a rapidement un aperçu de comment les premiers habitants se débrouillaient et vivaient en communauté dans ce village où les passants étaient nombreux à l’époque également.


Que vous soyez fervent d’histoire venu spécifiquement pour le découvrir ou un flâneur en balade sur le Chemin des Cantons, le musée Eaton-Corner est une adresse à ne pas manquer!
Bonne visite!
Jennifer Doré Dallas
www.moimessouliers.org
 


vendredi 18 septembre 2015

Un bain de culture à Brompton!



Tout près du centre-ville de Sherbrooke se trouve un petit coin de paradis que les touristes connaissent peu, à tort… Dans l’arrondissement de Brompton, adjacente au chemin de fer, la Maison des arts et de la culture de Brompton accueille une foule d’activités culturelles comme des ateliers, concerts, pièces de théâtre, ainsi que diverses expositions en arts visuels contemporains, tout cela dans un bâtiment rappelant l’architecture de l’ancienne gare. 


La directrice des lieux, Maude Charland-Lallier, m’explique lors de ma visite qu’un amalgame d’artistes y converge, principalement des gens de la région, mais parfois aussi de l’extérieur. Au rez-de-chaussée, on retrouve toujours une exposition d’artistes professionnels, tandis qu’au deuxième étage, toute la place est laissée à la relève et à des créateurs émergents.  

Plus de détails dans cette vidéo que j’ai tournée sur place :



En été, les jardins colorés de la maison sont le théâtre d’installations artistiques plus originales les unes que les autres comme les jardins réinventés éclatés et originaux qui se marient à leurs environnements naturels respectifs. Coup de cœur pour cette œuvre « réinventée » de Kate Morrison et Carole Melançon que j’ai pu découvrir :


Afin de donner accès aux arts visuels au plus grand nombre de gens, la programmation variée est presque entièrement gratuite. Un bel exemple est la série de spectacles de musique du monde Brompton en concert présentés dans le parc de la Rive adjacent à l’édifice. Le panorama en promontoire au-dessus de la rivière St-François est particulièrement spectaculaire. Je m’imagine très bien ce à quoi il doit ressembler au coucher du soleil alors que les musiciens enflamment l’air!
Les cyclistes sont également les bienvenus et des bancs sont disposés çà et là pour apprécier la vue. Prenez quelques instants pour explorer les panneaux d’interprétation de ce site patrimonial.

Jusqu’au 11 octobre 2015, et ce, en l’honneur du mois de la photo, la Maison des arts et de la culture de Brompton sera l’hôte de l’exposition Souvenirs vivants composée de la série Transposition – Territoire du deuil de Kate Morrison et de Vieux Jeux, celle de Sandra Lachance. Ces femmes aborderont avec sensibilité la vie sous toutes ses formes, tant le quotidien que les épreuves de la vie et les tragédies.



Pour une pause culture lors de votre escapade sur le Chemin des Cantons, rendez-vous à Brampton où la découverte d’un univers créatif et dynamique attend petits et grands! Si vous souhaitez poursuivre votre initiation, suivez le circuit patrimonial de Brompton qui commence sur les lieux.
Bonne visite!
Jennifer Doré Dallas
www.moimessouliers.org