lundi 27 juin 2016

Les Églises Barnston Baptist et Saint-Luke de Coaticook - La petite histoire des grandes églises

Dominic Martin, étudiant en histoire à l'Université de Sherbrooke, nous a écrit une série d'articles sur la petite histoire des grandes églises sur le Chemin des Cantons



Les Églises Barnston Baptist et Saint-Luke de Coaticook situé au 1169 et 1172, chemin Balwin Mills Barnston, Coaticook, J1A 2S5




L’Église Barnston Baptist est le plus vieux Temple baptiste de l’Estrie, la première communauté baptiste s’y étant établie dans les environs de Georgeville en 1799. La communauté de Barnston apparait en 1812, mais le premier pasteur ne s’y établi qu’en 1833. L’actuelle église fut construite en 1837, ce qui fait d’elle le troisième plus vieux temple de la région après les églises anglicane (1827-1828) et l’église méthodiste (1836, devenue Église Unie aujourd’hui).

L’édifice est un témoin important de l’établissement des premières communautés protestantes dans la région, particulièrement par les influences américaines dans son architecture, provenant du passage des Loyalistes américains qui fuient les nouveaux États-Unis d’Amérique suite à la guerre d’indépendance américaine. Sorte de « meeting house », l’Église est construite en bois et on remarque particulièrement la présence de deux portes dans sa façade, témoin d’une époque puritaine où hommes et femmes devaient entrer séparément dans l’Église. Son modèle néo-classique est particulièrement révélateur de l’époque de sa construction, marqué par un retour aux formes classiques en architecture. Son plan rectangulaire, sa composition symétrique et son clocher construit en faîte de la façade marque d’ailleurs bien ce style si caractéristique, d’une grande sobriété.

Située juste en face de l’Église Barnston Baptist, se trouve l’Église catholique Saint-Luc, qui fut construite en 1948. Dès 1918, une Église temporaire fut établi au 2e étage de la résidence de Monsieur Joseph Rouleau et ce jusqu’en 1947, afin de desservir la population de Barnston et de Baldwin. L’Église n’a rien de particulièrement intéressant, si ce n’est son emplacement. De plus, les deux cimetières, baptiste et catholique, sont encadrés par une haie de cèdre faisant une ligne de séparation entre deux terres de confessions différentes. Sa forme au sol est rectangulaire et sa voute à arc polygonal, enserre une nef à un vaisseau à tribune arrière. L’édifice n’est maintenant plus en fonction et appartient à la commission scolaire des Hauts-Cantons. Les biens de l’Église ont été vendus aux enchères lors d’un encan en 2009. À noter que l’ancien presbytère a été la proie des flammes en 2015.
Sources :

Découvrez la région de Coaticook  à travers le Chemin des Cantons
 

lundi 20 juin 2016

Chapelle du Monastère de la Sainte-Transfiguration - La petite histoire des grandes églises



Dominic Martin, étudiant en histoire à l'Université de Sherbrooke, nous a écrit une série d'articles sur la petite histoire des grandes églises sur le Chemin des Cantons

 Chapelle du Monastère de la Sainte-Transfiguration à Potton

C’est en 1959 que débute l’histoire de ce Temple Orthodoxe russe dans la municipalité de Potton. Le métropolite de l’Église Orthodoxe russe hors des frontières de l’Union Soviétique, Mgr Vitaly Oustitov, alors de passage dans la région, s’éprend des paysages grandioses qu’il y découvre et décide d’y acheter une terre de 169 acres afin d’établir un ermitage pour les religieux et les laïques de sa communautés. La construction de la chapelle ne débute qu’en 1974 pour s’achever cinq années plus tard, les débuts d’une communauté russe orthodoxe étant particulièrement modestes. L’archiprêtre Sergeï Petroff participe activement à la création de la communauté dont il sera le premier ministre du culte jusqu’en 2010, à son décès à l’âge vénérable de 93 ans, après avoir voyagé de Saint-Pétersbourg en Russie des Tsars où il est né en 1917, en pleine révolution bolchévique, en passant par la Bulgarie et la France, avant de s’installer au Québec en 1958. Il repose désormais au cimetière de la Sainte-Transfiguration, aux côtés de son épouse Mathuska Lidia. Ses funérailles ont été célébrées par Mgr Vladiko Vladimir, archevêque de San Francisco et de l’Amérique de l’Ouest, responsable du diocèse américain de l’Église orthodoxe russe en exil. Cette Église est née du schisme au sein de l’Église orthodoxe russe hors frontières en 2001, alors que cette dernière tentait un rapprochement avec le patriarcat orthodoxe de Moscou, ce dont s’opposa Mgr Vitaly Oustitov jusqu’à sa mort à Magog en 2006. Celui-ci repose également au cimetière de la Transfiguration.

La chapelle, construite sur modèle architectural byzantin du nord de la Russie, a une forme assez particulière qui lui confère un cachet assez splendide. Les architectes byzantins, cherchant à établir une structure idéalement en cercle, symbole oriental représentant l’infini, ont trouvé le moyen d’établir une coupole sur une structure carrée avec l’utilisation du bois. La coupole à bulbe qui la surmonte a été inventée à Novgorod en Russie, une des plus anciennes communautés russes de l’histoire, est particulièrement adaptée aux hivers neigeux, ce qui est une particularité de la région. De nombreuses icônes ornent l’intérieur de l’Église, afin d’illustrer les mystères de la foi et de contempler les visages du Christ, de Marie et des Saints, afin d’entrer en communion avec la famille de Dieu.

L’Église est nommée en honneur de la fête de la Transfiguration, qui dans la tradition orthodoxe, représente le moment où la nature du Christ se transforma pour devenir divine, révélant aux hommes ce qui leur adviendra lors de leur propre résurrection aux Royaumes des Cieux. Cette fête est célébrée le 6 aout de chaque année dans le calendrier orthodoxe.

Pour découvrir la région de Memphrémagog à travers le Chemin des Cantons

lundi 13 juin 2016

Église Saint-George de Granby - La petite histoire des grandes églises

Dominic Martin, étudiant en histoire à l'Université de Sherbrooke, nous a écrit une série d'articles sur la petite histoire des grandes églises sur le Chemin des Cantons

Église Saint-George de Granby


Le Temple anglican Saint-Georges de Granby fut construit pour la première fois en 1843, avec une structure de bois qui fut remplacée en 1908 par du magnifique édifice actuel de style gothique en brique rouge. Alors que les communautés anglicanes cherchent à s’implanter dans la région au début du 19e siècle, le révérend Ruben Garlick établi le premier circuit missionnaire anglican dans le comté de Shefford vers 1800, mais meurt en 1805, laissant la communauté anglicane sans pasteur pendant plusieurs années. En 1843, on fonde la mission anglicane de Saint-Georges à Granby avec la construction de la première chapelle pouvant accueillir les fidèles, assez peu nombreux de la région, au début du 20e siècle, ils sont moins de 500 dans la paroisse. Malgré tout, on prend la décision en 1906 de doter celle-ci d’un tout nouveau temple et donc de détruire l’ancien. Le nouvel édifice aurait couté près de 35 000 $ et sa construction aurait été confiée à la firme Cox et Armes de Montréal.

Le nouvel édifice, qui peut accueillir quelques 300 fidèles, était si apprécié par l’évêque anglican de Montréal J.C. Farthing, qu’il qualifiait l’Église de cathédrale des Cantons de l’Est. La grande particularité de cette Église se trouve à l’intérieur. Les fonds baptismaux y sont ornés d’une sculpture du 12e siècle provenant de l’Église All Saints de Granby… dans le comté de Nottingham en Angleterre. De plus, en 1925, on installe deux crois missionnaires dans l’Église, dont l’une d’elle est doté d’un morceau de la corniche du Saint-Sépulcre de Jérusalem et de pierres du Gethsémani, les Jardins où les apôtres auraient prié avant la crucifixion de Jésus. De plus, les couleurs du régiment Shefford, qui a participé à la guerre des Boers en Afrique du Sud à la fin du 19e et au début du 20e siècle y sont consacrés, quand que le régiment y fut démembré en 1916.

D’un point de vue architectural, l’édifice dont la forme au sol est rectangulaire, est doté d’un chœur en saillie et au chevet plat. Sa voute est à arc polygonal, alors que la nef intérieure est à trois vaisseaux. La chapelle est extérieure au bâtiment, ainsi que le clocher qui s’élève à 20,1 mètres. Les magnifiques vitraux ont été installés entre 1914 et 1924 et proviennent de la firme T.F. Curtis, Ward and Hugues de Londres en Angleterre.
Sources :

Pour découvrir la région de Granby sur le Chemin des Cantons.